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ORIGINE ET OBJECTIFS DU PROJET
Jardin scolaire sur l’Ile de Fia
(Boucle du Niger)
République du Mali


« Si tu veux récolter dans un an : plante des graines ;
« Si tu veux récolter dans dix ans : plante des arbres ;
« Si tu veux récolter dans cent ans : éduque. »

A - Historique - Présentation
Les villes et villages de la boucle du Niger sont dans une régression économique inquiétante. Après les sécheresses et les années de rébellion, tous les hommes valides sont partis « en aventure » soit au Ghana, en Côte d’Ivoire et maintenant en Lybie.

Plus de pâturages, plus d’infrastructures, plus d’espoir … seuls restent femmes, enfants, vieillard qui attendent les mandats de la diaspora.

Le village de Fia isolé sur son île est peut-être l’exemple le plus représentatif. On y aborde par la rive Nord dénudée, balayée par les vents de sable. Dans un repli de terrain se niche le village de 350 habitants environ. Très peu d’activités y règne à part les cris des enfants. Si la majeure partie de l’île a été privée de sa végétation, par les prédations des hommes et du bétail, quelques vallons abrités ont permis à des pionniers comme Fatima et Ibrahim de démarrer des plantations d’arbres (eucalyptus notamment) et de légumes avec l’aide d’ONG.

L’espoir est donc permis et le jardin scolaire se veut un exemple de dynamisme devant la tendance à l’abattement et au fatalisme des populations.

Lors d’un séjour au Mali, Michel DAMBLANT avait programmé une remontée du fleuve en pinasse de Gao à Tombouctou. Ibrahim, rencontré dans sa boutique, lui conseille de faire des escales et lui propose un arrêt dans sa famille à Fia. Il en profite pour le charger d’une mission : convoyer un sac de riz et un stock de charbon de bois pour les siens. En posant le pied sur l’île, Michel ne savait pas encore qu’il posait la première du projet du « Jardin scolaire de Fia ». Il y retourna et l’ADDES a déjà pris en charge la clôture et les outils.

B - Implantation et raison du projet
B1 - Contexte local
Situation géographique
Gao se trouve à 1200 km au Nord-Est de Bamako.
Bourem, Chef lieu du cercle, se trouve à 90 km de Téméra et à 180 km de Gao.

Habitants
La commune a payé un lourd tribut à la rébellion touarègue au cours de laquelle la population civile avait fui dans d’autres zones et à l’étranger, les villages ayant été détruits et pillés. Les habitants sont revenus à partir de 1998. Jusqu’à aujourd’hui, certains, encore, reviennent construire leurs maisons.

La commune de Téméra est composée de 16 villages et 11 fractions nomades (groupes familiaux), ce qui donne 21 300 habitants. On compte environ 10 personnes par famille. Les habitants sont en majorité d’origine ethnique Songhoï puis Tamachek (Touareg) et enfin, Arabe.

Un tiers de la population de Téméra est nomade ou semi nomade.

Economie
L’économie tourne principalement autour de l’élevage de moutons, de chèvres et de vaches, de pêche, de la culture saisonnière du riz et de petit commerce. Cet ensemble permet tout juste la subsistance familiale.

Le marché a lieu une fois par semaine. On n’y observe que peu de mouvements d’argent.

Education
Les écoles de Téméra assurent l’éducation jusqu’à la 8ème année. Seuls 30 % des enfants sont scolarisés. On en dénombre 540 inscrits, 320 fréquent régulièrement.
Les enseignants sont unanimes à constater le manque de moyens pédagogiques, le manque de motivation des parents et l’éloignement surtout pendant les conditions climatiques difficiles. Les filles sont bien présentes en 1ère et 2ème année mais on n’en retrouve que 2 en 2ème cycle (7ème et 8ème). Il existe 3 écoles communautaires dans 3 villages dont celle de Fia, financée par les habitants. Deux de ces écoles sont issues d’un programme gouvernemental d’une durée de 6 ans pour les enfants âgés de 10 à 16 ans qui ne sont pas rentrés dans le cycle officiel.
Les maîtres reçoivent une formation courte et des recyclages. La troisième école est plus ancienne, bâtiments et aménagements sont à la charge des parents d’élèves. L’éducation est fonctionnelle, se fait en langue locale puis en français et débouche sur un apprentissage utilisable dans la région. A noter que les filles sont mieux représentées dans ce type d’école.

B 2 - Pourquoi un jardin scolaire à Fia ?
L’île de Fia, d’une largeur de 3,5 km sur 7 de long, est distante de 3 km de Téméra, sur l’autre rive du fleuve Niger. Pendant la période sèche, lorsque les eaux baissent, l’île est rattachée au Gourma par une bande de terre riche en alluvions (voir carte n° 2)
La population du village se compose de 350 habitants. 70 élèves sont scolarisés à l’école de Fia, comprenant 3 classes.

OBJECTIFS POURSUIVIS

Les objectifs visés par la création d’un jardin scolaire sur ce site précis sont de divers ordres.

Sanitaire et culturelle
La consommation de légumes variés (tomates, carottes, betterave, oignon, choux) va permettre des apports nutritionnels différentiés non négligeables pour des populations où l’accès à une bonne hygiène de vie est plus qu’aléatoire, permettant ainsi de lutter contre l’anémie. Par ailleurs, lorsqu’elles y ont accès, ces populations utilisent volontiers les légumes dans la préparation de leurs plats culinaires.

Economique
Dans cette région, les ressources traditionnelles de la pêche, de l’élevage et de la riziculture ne suffisent plus à nourrir une population à la croissance trop rapide. Le maraîchage apparaît comme une opportunité essentielle afin de créer une nouvelle activité économique.




De lutte contre la désertification
La plantation d’arbustes comme l’acacia, le jujubier ou encore le balanintes egyptae (dattier sauvage), va permettre, par l’ancrage des racines dans le sol, de retenir les sables et de lutter ainsi contre le phénomène de dégradation de l’île de Fia .

Par ailleurs, le fleuve Niger déplace des millions de mètres cubes d’eau à travers toute la partie sahélo saharienne du Mali entre Niafounké et Gao. Si cette eau permet d’avoir des pâturages sur les rives ainsi que la culture de riz flottant, les possibilités d’irrigation pour des jardins ne sont que très peu exploitées.

La création du jardin scolaire de Fia va permettre ainsi aux jeunes générations d’acquérir des techniques maraîchères leur offrant, par là même, la possibilité de maîtriser des connaissances qu’ils pourront exploiter en supplément de leurs activités traditionnelles. Cette qualification offrira ainsi, à ceux qui la possèderont, la possibilité d’être des acteurs directs du développement local tout en vivant, dans des conditions améliorées, au sein même de leur village.


Formation
Pour ADESS, qui intervient déjà au Niger, la pauvreté est un phénomène qui doit être combattu. Dans les campagnes, plus encore que dans les villes, il s’agit d’un phénomène qui ne se limite pas seulement au niveau de la consommation des biens mais englobe d’autres aspects comme l’accès au soins ou aux services publics (éducation, formation professionnelle, hygiène, environnement), la reconnaissance du statut social et l’intégration dans le processus de développement.
Le projet s’articule donc autour de deux volets : les nécessités « primaires » ou premières et la sensibilisation des décideurs locaux.
La première nécessité, dans ce projet, est bien sûr la scolarisation des enfants. Celles-ci est assurée par l’école à laquelle ADESS prévoit d’apporter quelques fournitures didactiques, notamment pour les enseignants qui ont besoin de s’appuyer, pour leurs cours, sur les supports professionnels (livres des maîtres entre autres) et pour les élèves en créant une petite bibliothèque de livres de loisirs.
La deuxième nécessité doit toucher directement les populations adultes, notamment les femmes, peu habituées à être prises en considération. Les soins médicaux, l’alphabétisation, l’éducation à l’hygiène, la formation professionnelle ou la micro entreprise améliorent considérablement le niveau de vie matérielle et morale de l’ensemble des habitants et peuvent être des réponses aux besoins des populations les plus vulnérables aux multiples aléas d’ordre économique, familial ou social. Généralement bien tolérée, l’accession à une indépendance économique des femmes leur permet-elle de valoriser leur rôle non seulement au sein de la famille mais également au sein de la société. L’augmentation de leurs revenus améliore l’accès des enfants à la scolarité l’accès aux soins médicaux ainsi que la situation des personnes âgées.
Ces projets répondent à des exigences de proximité et d’adaptation aux besoins des populations aussi ces dernières sont-elles vivement sollicitées pour prendre part aux décisions, condition indispensable à la pérennité des actions menées.
L’alphabétisation des femmes est assurée par des enseignants de l’école de Fia sur leur temps extra scolaire et financée par ADDES.
L’éducation à la santé et l’éducation à l’hygiène seront assurées par des partenaires locaux au cours de sessions également prises en charge par ADDES.
Il est à noter que dans un pays pauvre, comme le Mali, il n’est pas envisageable de demander à des personnes qui n’ont pas suffisamment de revenus pour faire vivre toute leur grande famille (femme, enfants, parents, cousins proches et éloignés) de faire du bénévolat. C’est pourquoi ADDES prend en charge le salaire des partenaires locaux pour tous ces projets en espérant que cet exemple suscitera, auprès des responsables politiques, un intérêt grandissant qui les mènera à prendre en compte les besoins des régions du nord de leur pays. Cette dimension est prise en compte dans le deuxième volet de ce programme ci-après.

Toutes ces actions sont les moyens concrets qu’ADDES met en place pour atteindre l’objectif principal du jardin scolaire à savoir de servir d’outil pédagogique et donc de centre de formation au maraîchage pour les élèves dont le programme prévoir deux après-midi de travaux manuels par semaine.

Le jardin scolaire donnera aux élèves la possibilité d’acquérir des bases de maraîchage avec des variétés adaptées aux conditions climatiques de la région.

De plus, les membres d’ADDES, très sensibilisés d’une manière générale à la préservation de la Terre, insistent pour éduquer les métayers afin qu’ils travaillent le plus possible avec le fumier (abondant par le nombre d’animaux au village), les insecticides naturels (comme l’extrait de « neem » Azederacia indica, facile à produire) les rotations de cultures, les assolements etc…
Au Sahel, les enfants rentrent très tôt dans la vie active (14 ans) et les élèves d’aujourd’hui seront, dès demain, les « nouveaux jardiniers de Fia ».

Le deuxième volet éducatif de ces programmes de formation est tourné vers les éducateurs et les responsables communaux de la zone. En effet, ils peuvent trouver au sein d’une telle expérience, des informations et conseils leur permettant de développer le même type d’activité dans leurs localités. Cela devrait être facilité par les nouvelles structures de décentralisation. L’ADDES a d’ores et déjà été sollicitée par la commune d’Andéraboukane (près de la frontières nigérienne) pour étudier les possibilités de culture d’oignons près de la grande mare (15 km sur 5) où l’eau est disponible tout au long de l’année.
La mise en place de ce volet éducatif nécessite l’organisation de séminaires destinés aux responsables locaux. Au cours de ces séminaires, rapidement en ce qui concerne les jardins de cultures extensives, de plantes potagères et de légumes, d’ici deux à trois ans en ce qui concerne la pépinière, les responsables locaux et régionaux seront invités à débattre sur le bien fondé d’une telle expérience et sur l’utilité de la dupliquer car il s’agit de faire de la décentralisation plus qu’un idéal : il s’agit d’en faire une réalité réussie.

D’échange et de solidarité Nord-Sud
La tradition d’hospitalité développée par les populations du Sahel a permis, aux voyageurs militants occidentaux qui soutiennent ce projet, d’être accueillis, dans toute la grandeur de cette culture, au cours de leurs pérégrinations, par des peuples habitués à la dureté de la vie et pour lesquels, le terme « hospitalité » n’est pas un vain mot.

« Si tu veux récolter dans un an : plante des graines ;
« Si tu veux récolter dans dix ans : plante des arbres ;
« Si tu veux récolter dans cent ans : éduque. »

Cette devise d’ADDES, correspond aux trois objectifs de son action : objectif à court terme, objectif à moyen terme et objectif à long terme.

Les premiers contacts avec les acteurs locaux du projet ont déjà permis de poser les bases nécessaires à la réalisation de l’action. Les autorités locales ont offert le terrain sur lequel se met en place le jardin scolaire. Il s’agit maintenant de pérenniser ce premier geste avec, et pour, les habitants.


Objectif à court terme : « Si tu veux récolter dans un an : plante des graines. »
La création du jardin scolaire a pour objectif premier, à court terme, d’apporter aux villageois de l’île de Fia des éléments nutritifs permettant de lutter contre l’anémie.
Le développement d’une économie locale basée sur la vente, aux habitants des communes voisines, des produits issus du maraîchage est le corollaire de cet objectif à court terme.

Objectif à moyen terme : « Si tu veux récolter dans dix ans : plante des arbres. »
Le maraîchage proposé aux élèves de Fia est une première étape pour permettre aux futures générations d’éviter les disettes et famines qui sévissent de plus en plus régulièrement sur la région.
Mais les plantes peuvent apporter plus que de la nourriture. Nombreuses sont celles qui ont un rôle important pour la santé et peuvent pousser à Fia :
- Acerola (riche en vitamines)
- Dattes medjoul (riches en calories)
- Aloe vera (aux grandes vertus dermatologiques)
- Jojoba pour son huile nutritive et reconstituante
- Stevia revoliana, un sucre naturel ne donnant pas de caries et convenant aux diabétiques.
Les plantes fourragères (choux, betteraves, courges etc…) sont plantées pour fournir la nourriture aux chèvres et moutons, évitant ainsi le surpâturage dans l’île.

Objectif à long terme : « Si tu veux récolter dans cent ans : éduque. »
C’est ici qu’entre en action le volet formation du projet du « Jardin scolaire de Fia »
Car c’est en éduquant les jeunes générations à la prise en compte de l’importance de la protection de leur environnement et à la gestion de leurs ressources naturelles, afin de les transmettre aux générations futures, qu’ADDES compte atteindre l’objectif final de son action.

Contact ASSOCIATION

ADDES
Michel DAMBLANT
Bordery
56360 SAUZOIN

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