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LE PAYS SONGHOI
(Songhoi Ganda)

INTRODUCTION
Pour comprendre les hommes, il est important de connaître les régions ou ils vivent Le « Pays songhoi » étant enclavé en plein de l’Afrique de l’ouest , un rappel des données géographiques m’a semblé être une introduction indispensable.


L’Afrique de l’ouest comprend 4 grandes zones bien distincts :
Au nord se situe la partie entre Sahara et Méditerranée occupée par la Tunisie, l’Algérie et le Maroc .Les étés très chauds et la fraîcheur humide des hivers permettent des cultures céréalières( blé, orge )et fruitières(dattes, olives amandes).La population d’origine berbère a été largement colonisé par les arabes avec l’invasion de l’Islam qui est demeurée la religion dominante.

Le centre est accaparé par les 8 millions de km2 du Sahara., le plus grand désert du monde ..Certaines zones sont totalement vides de population( ),dans les autres , les nomades touareg, chamba, toubou maintiennent une économie hors du temps .Le climat y est très chaud toute l’année mais les nuits d’hiver sont très fraîches. Après les pointes de température du mois de juin , quelques pluies peuvent tomber en été. La Tunisie , l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie, le Tchad, le Niger et le Mali ont une partie de leur territoire sur ce désert. Ce sont des zones excentrées par rapport aux capitales et de très faible population. Seule la présence éventuelle de richesses minières amène les gouvernements à s’y intéresser. Dans tous ces pays l’Islam est la religion principale.

Le sud et l’ouest de »la bosse de l’Afrique » accueille les pays côtiers (Sénégal, Gambie, Guinée Conakry et Bissau, Cote d’ivoire, Sierra Léon, Liberia, Ghana, Bénin, Togo, Nigeria) Le climat doux et très humide a permis l’implantation de forêts tropicales aux essences recherchées ainsi que les cultures de rapport (cacao, café, ananas).Toutes ces productions destinées à l’exportation transitent par les grands ports d’Abidjan, Dakar ou Cotonou.
Une multitude d’ethnies sont réparties sur cette zone rendue tristement célèbre à cause des conflits meurtriers qui s’y succèdent (Liberia, Sierra Léon, Cote d’ivoire). Les Imam et les Pères blancs s’y partagent le pouvoir spirituel amenant parfois une cause supplémentaire de conflit (Nigeria).
C’est dans cette partie de l’Afrique essentiellement francophone, que se situent les anciennes colonies britanniques(Ghana,Liberia,Nigeria).


Entre Sahara et Afrique côtière s’étend la bande sahélienne dont les médias ont beaucoup parlé lors des sécheresses dramatiques des années 70 et80. Le climat chaud toute l’année se distingue par une saison sèche en hiver et humide l’été. (Pluies de mousson), Les sécheresses successives et l’abaissement des précipitations marquent en fait l’avancée du désert. C’est une menace certaine pour une économie agro-pastorale déjà fragile à cause de son côté archaïque .Les champs de mil sont encore cultivés à la main et l’élevage ne fait qu’affaiblir la végétation.
Les pays concernés par cette zone sont le Tchad, le Niger, le Mali, le Burkina Faso. Ils comptent tous de nombreuses ethnies (Houssa, Bambara, Mossi) généralement réparties sur plusieurs états. Sans accès à l’océan, dépourvus de richesses naturelles mais avec une démographie galopante, ces pays sont parmi les plus pauvres du monde.

L’Islam s’y est implantée tardivement et les croyances animistes restent vives. partie la plus déshéritée de cette zone se situe là ou le Sahara s’échoue sur les maigres terres sahéliennes

. Au Mali cette bande longe les rives du fleuve Niger dont les eaux abondantes ne peuvent fertiliser les sables inertes du désert .Les pluies dans cette région étant de moins en moins conséquentes, l ‘é économie traditionnelle ne peut plus fournir les moyens de subsistance aux habitants


LES MYSTERES SONGHOI, UNE AVENTURE COLLECTIVE

C’est dans cette partie des confins du Soudan que l’association que j’anime implante des jardins potagers et fruitiers dans les écoles afin de développer des ressources alimentaires mieux adaptées aux nouvelles normes climatiques et économiques.


Afin de financer ces programmes l’association a déjà édité « Pastorale touareg », un carnet écrit en collaboration avec un instituteur du Niger. Le bénéfice des ventes a déjà permis de démarrer 2 jardins qui produisent depuis l’an dernier.

Nous récidivons avec « Mystères songhoi »pour faire connaître cette ethnie de la boucle du Niger, moins célèbre que les Dogon ou les Touareg mais d’une aussi grande richesse culturelle.

Nous espérons récolter ainsi des fonds suffisants pour continuer nos programmes de jardin et de reboisement.

La rencontre avec Moulay Traouré, historien, directeur de l’école Thionville Château à Gao, m’a permis d’acquérir un très grand nombre de données qui servent de bases à ce livre.

C’est par lui également que j’ai eu accès aux explications du monde magique révélé par son maître Kumbaw qui a tenu à rester anonyme mais que je salue ici.


Je connaissais depuis plusieurs années Ibrahim Miharata Maïga, commerçant à Gao, originaire de Téméra et qui fut mon logeur. C’est lui qui très patiemment et bénévolement m’a initié à la lecture des codes sociaux et m’a aidé à comprendre les aspects cachés des mentalités. Sans lui tout cet univers me serait resté indéchiffrable, c’est pourquoi j’ai tenu à le nommer en tant qu’auteur.

Pour ma part, je me définis comme un "ethnologue sans diplôme". La curiosité me pousse à voyager verticalement en revenant année après année dans les mêmes endroits pour chercher à en capter les aspects cachés. J’anime les textes avec mes dessins pour célébrer l’élégance et la beauté de ce peuple.

Même en réunissant nos trois volontés, cet ouvrage n’aurait pas pu être écrit si nous n’avions pas bénéficié de l’aide et des encouragements d’un grand nombre de personnes. Les Africains étant très protocolaires et très susceptibles, (presque autant que les Français), je vais essayer de citer chacun d’entre eux pour les associer à cette aventure collective.

Je commencerai par les familles des co-auteurs. Celle de Moulay dont je remercie l’épouse et ses enfants pour leur accueil. Je fais de même pour la famille d’Imo qui a pris soin de moi et en particulier Meymoun, Rachetta, Iralli, Anasou et bien sûr Zikira. Je n’oublie pas les frères d’Ibrahim : Mohamed, Abdou et ADrajan.

La personne qui m’a présenté à Moulay est Aldioma Baba Mory Yattara, le conservateur du musée du Sahel à Gao. Catalyseur discret et efficace, je lui adresse toute ma reconnaissance.
Je l’avais connu par l’intermédiaire d’Abdoulaye Gouzame Ixmi de la radio Hanna. Merci donc à mon frère ivoirien qui m’hébergea si gentiment et m’aida à me sentir "à l’aise" à Gao.
Dans cette cascade de rencontres que je ne peux pas citer dans son intégralité, je tiens à mentionner le nom de la "sirène du fleuve", "la Néfertiti songhoi", Mademoiselle Ami Maiga ainsi que son frère Ablo et toute sa famille ,la Mama,Aicha, Biba et Darra. Leur aide me fut précieuse pour taper les textes, recueillir et analyser les proverbes. Je les remercie pour leur gentillesse.
Merci encore à Ibrahim Omourou Maiga, technicien des Eaux et Forêts, pour ses précisions concernant la faune, flore, et l’accueil de sa famille. Je salue au passage son neveu Aliou qui m’a fait découvrir la "face cachée" des Monts Hombori.
Je reste au deuxième quartier pour saluer Hamma PDG et sa famille. Je n’oublie pas non plus Alex et Souzan même si nous nous voyons moins souvent. . C’est au cours des repas et conversations avec vous tous que j’ai pu saisir quelques aspects essentiels de votre monde.

Il m’a fallu plusieurs années avant de fraterniser avec des Anasara . Spéciale dédicace pour Lionel "Le petit Lion" et Adrien, "Les jardiniers du cœur", pour qui j’ai le plus grand "respect". Je nomme aussi Yusha "le Pharaon peulh" et Abdéraman son acolyte. Egalement Marie Colette, Nicole et Paul, les toujours jeunes combattants culturels.

Toutes ces personnes représentent la partie africaine de cette expédition. Celle-ci n’aurait pas pu avoir lui si en France je n’avais pas eu l’aide, le soutien et les encouragements de toute ma famille ; encore une fois, merci à vous. Merci également à Annie dont les critiques piquantes (mais toujours justifiées !) m’obligent à revoir mes dessins et textes maintes et maintes fois. Je pense également à mon complice en horticulture, Jacques qui me seconde dans les tâches administratives ainsi que son épouse. Une pensée encore pour Marie et Serge qui me poussent à continuer.

Le salon "Etonnant voyageur", la Foire du livre de Brives et le Salon du livre de Mouhan-Sartoux ont gracieusement ouvert leurs portes à notre association, et c’est grâce à eux que le livre précédent a pu être diffusé. La revue Biocontact dont l’article a lui aussi amené des lecteurs, ainsi que la radio RCF.
Je remercie encore Yvon Le Corre qui a accepté de faire la préface du premier livre. Et tous les lecteurs de Pastoral Touareg qui ont ouvert leur cœur et leur porte-monnaie pour nous aider dans cette lutte contre l’avancée du désert.

Le pays songhoi

Les Songhoi sont établis dans le demi-cercle situé au sud de la boucle du Niger dont la limite inférieure passe par l’axe Djenné-Niamey. La surface de cette région est de 120 000 km, habitée par 300 000 Songhoi et autant de ressortissants des autres ethnies (Peulh, Touareg, Dogon, Arabe).

La vallée du fleuve ne dépasse pas les cent mètres d’altitude. De là, le relief s’élève par les immenses plateaux sablonneux du Gourma à l’ouest, et les succession de collines pierreuses du Haoussa à l’est jusque vers deux cents mètres. Au centre de cette région, se dressent les impressionnantes citadelles de grès rouge des Monts Hombori (1150 mètres).
Toute cette région est soumise à un climat désertique au nord de la ligne Gao-Dyré, et plus sahélien au sud. La saison des pluies y est effectivement un peu plus importante, elle se situe entre juillet et septembre et on la nomme l’hivernage (keidiya). Les vents d’ouest amènent les nuages qui donnent de gros orages et font descendre la température sous les 40° le jour.
Se sont bien sûr ces pluies qui permettent la culture du mil ainsi que le reverdissement des pâturages. Plus au nord, les pluies sont moins abondantes, on passe de 250 millimètres à Mopti, à moins de 100 millimètres à Tombouctou. Il ne pleut que deux à cinq fois par saison des pluies et les zones nord comme Gao, peuvent n’avoir qu’un seul orage, souvent très dévastateur.
Une particularité de cette saison est la recrudescence des moustiques. Ils sont présents toute l’année, mais l’humidité augmente leur nombre et leur ardeur. Le paludisme dont souffre l’ensemble de la population est la cause principale de décès
La saison sèche (djiyaw) que les Africains appellent la saison froide, se situe de décembre à février. Effectivement, les nuits sont fraîches (6° mini) surtout au nord, mais il fait très souvent 30° à l’ombre à midi.
A part certains arbres qui gardent leurs feuilles, l’essentiel de la végétation est en repos et les paysages paraissent arides dans toute la zone en dehors du fleuve.


La saison chaude (kono) de mai à juin, donne au mercure l’occasion de dépasser les 45° le jour, accompagnés par l’Harmattan, un terrible vent brûlant chargé de sable. A cette période, le bétail reste près des maisons et les hommes le nourrissent avec du foin que constituent les tiges sèches de riz et le burghu. Toute la vie est ramenée aux tâches essentielles et malgré l’habitude, les habitants ont du mal à supporter des températures qui ne descendent plus sous les 30° même la nuit.

Après l’énoncé des conditions climatiques, il n’est pas surprenant de constater que la végétation se résume à quelques arbustes clairsemés de taille modeste ainsi que de graminées et plantes rampantes. Une petite liste des espèces les plus représentées est en index, et ces plantes seront mentionnées lors des chapitres sur l’économie. Ce qui doit être souligné c’est que ce couvert végétal a été très malmené par les sécheresses et le prélèvement excessif du bois par les habitants ainsi que le surpâturage. Ces changements de l’écosystème ont également une conséquence néfaste sur la mentalité des populations (voir le Septentrion malien).

La chaîne écologique répercute les ondes des changements évoquées plus haut bien évidemment sur la faune. Le gibier ayant résisté aux sécheresses et à la chasse, fut victime du braconnage organisé au moment de la Rébellion. De ce fait, autruches, lions et girafes ont disparu définitivement, seules quelques gazelles survivent dans les coins reculés du Tilemsi. Par contre, le fleuve a permis la préservation des hippopotames (bangna), margouillats (agzirim) et lamentins (ayu).
Les crocodiles (karaici) et caïmans (haray) sont en nette régression. Les oiseaux sont encore représentés par le héron (ciraw karay), les canards armés ou siffleurs (tonkono) et les martins-pêcheurs (djioufou lélé).

Le régime des crues du fleuve Niger détermine au même titre que le climat le rythme de la vie songhoi. Alimenté par les pluies abondantes du Golfe de Guinée, au Fouta Djalon, le fleuve Niger (Isaber) parcourt 4160 kilomètres jusqu’au Nigéria. "La boucle du Niger" qui baigne le pays songhoi, ne reçoit l’eau de la crue que trois mois après l’arrivée des pluies au sud.

L’eau du fleuve doit d’abord remplir le lac Debo, et "tout le Delta intérieur" avant que le "Bief navigable" Dyré-Ansongo voit le niveau monter aux environs de décembre.


En période de crue, le fleuve mesure entre 2 et 6 kilomètres de large, et se divise en de nombreux bras et mares. Les Songhoi disent "qu’il vient d’ailleurs et qu’il va ailleurs". En fin de saison chaude, les mares et bras annexes (marigots) sont taris et seul un filet d’eau continue à couler dans le lit presque sec du grand fleuve. On peut même voir des bâtiments en banco construits dans le cours du fleuve. Ils servent d’habitation ou de magasin, et redeviendront argile avec la montée des eaux. Les véhicules circulent là où naviguaient les bateaux.


Les poissons sont encore en grand nombre dans le fleuve où ils subissent cependant une pêche excessive. Voici les espèces les plus typiques : la carpe (barra), le capitaine (hamize), le poisson-globe (talibon bon), et le silure (dechy)


Le livre
"MYSTERE SONGHOI"

Est vendu 30 Euros
EN SOUTIEN AU PROJET
Des jardins pédagogiques dans la boucle du NIGER,

Pour le cmmander

Association ADDES
Michel DAMBLANT
Bordery
56360 SAUZOIN

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