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La femme aux mille bras


Richard Dupuis

06 60 78 05 23

Pour un européen l’égalité des sexes est un mécanisme de réflexion assimilé et ordinaire, même s’il reste beaucoup de progrès à faire dans les faits et les esprits. Mais lorsque l’on se penche sur le dossier de la condition féminine en Afrique de l’Ouest, il faut savoir laisser de côté ses propres réflexes culturels pour comprendre les enjeux, dans la décennie à venir, du combat pour une société des genres égalitaire.


La notion même d’égalité des sexes doit être mise de côté au profit d’une réflexion sur un rétablissement légitime de la balance qui penche encore lourdement du même côté. En d’autres termes, l’égalité au sens strict n’est pas dans la culture et les mentalités, mais la société africaine de l’an 2000 continue à faire de la progression du statut social et juridique de la femme, un enjeu majeur.

Et le Burkina Faso dans ce domaine n’est pas en reste !
Le 2 octobre 1983, Thomas Sankara, Président du nouveau gouvernement de Haute-Volta, suite au soulèvement populaire du 4 août 1983, parlait de la femme en ces termes : " elle sera associée -à tous les niveaux de conception, de décision et d’exécution - à l’organisation de la vie de la nation entière. " (extrait du discours d’orientation politique au nom du Conseil National de la Révolution).

Le 8 mars 1987, il présentait à Ouagadougou, devant des milliers de femmes, un discours mémorable sur le rôle central de l’émancipation de la femme dans la révolution. Depuis, de nombreux évènements ont marqué la progression du rôle de la femme burkinabée, avec, par exemple, la création d’un Ministère de la Promotion de la Femme en 1997 ou encore la campagne contre les mutilations génitales féminines lancée en 1992 qui a aboutit en 1996 à l’interdiction légale de la pratique de l’excision ; victoire d’un combat mené par les femmes burkinabées depuis les années 1970 !


En arrivant au Burkina Faso je souhaitais aborder les thèmes importants de la condition féminine : maternité, éducation, position sociale dans la famille, avortement ou encore excision, qui, malgré des taux en chute libre, se pratique toujours en cachette dans certains villages. Mais au fil de mes rencontres, il m’a semblé que la base du problème résidait dans la charge de travail quotidienne des femmes et des jeunes filles. Problème bien connu des organisations internationales telles que l’UNICEF : cette charge de travail engendre des taux de scolarisation et d’alphabétisation en Afrique de l’ouest parmi les plus bas de la planète.



Sans éducation, il n’y a pas de savoir, et sans savoir l’être humain est une proie facile à l’égard de toutes les formes de violence et de discrimination. Malgré les nombreux efforts fournis pour donner à la femme burkinabée un statut légitime, le travail domestique nuit à l’éducation et la confine dans son rôle de travailleuse en l’empêchant de songer à l’amélioration éventuelle de sa condition. J’ai donc souhaité retracer les différentes étapes de la journée de travail de la femme burkinabée en milieu rural. Toujours la première levée et la dernière couchée, sauf dans les familles musulmanes ou les hommes se lèvent plus tôt pour la prière.

Ce reportage ne prétend pas à l’exhaustivité, il a simplement pour vocation de nous ouvrir les yeux sur la manière dont le niveau de développement du Burkina Faso reste un frein important à l’évolution de la condition féminine. Car malgré tous les progrès constatés, une culture traditionnelle, encore très ancrée à travers la domination masculine, fait de la femme une marchandise asservie et obéissante.

En arrivant au Burkina Faso je souhaitais aborder les thèmes importants de la condition féminine : maternité, éducation, position sociale dans la famille, avortement ou encore excision, qui, malgré des taux en chute libre, se pratique toujours en cachette dans certains villages. Mais au fil de mes rencontres, il m’a semblé que la base du problème résidait dans la charge de travail quotidienne des femmes et des jeunes filles. Problème bien connu des organisations internationales telles que l’UNICEF : cette charge de travail engendre des taux de scolarisation et d’alphabétisation en Afrique de l’ouest parmi les plus bas de la planète. Sans éducation, il n’y a pas de savoir, et sans savoir l’être humain est une proie facile à l’égard de toutes les formes de violence et de discrimination.

Malgré les nombreux efforts fournis pour donner à la femme burkinabée un statut légitime, le travail domestique nuit à l’éducation et la confine dans son rôle de travailleuse en l’empêchant de songer à l’amélioration éventuelle de sa condition. J’ai donc souhaité retracer les différentes étapes de la journée de travail de la femme burkinabée en milieu rural. Toujours la première levée et la dernière couchée, sauf dans les familles musulmanes ou les hommes se lèvent plus tôt pour la prière. Ce reportage ne prétend pas à l’exhaustivité, il a simplement pour vocation de nous ouvrir les yeux sur la manière dont le niveau de développement du Burkina Faso reste un frein important à l’évolution de la condition féminine. Car malgré tous les progrès constatés, une culture traditionnelle, encore très ancrée à travers la domination masculine, fait de la femme une marchandise asservie et obéissante.

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